Pourquoi ne pas parler du métier de professeur dans les series et films
Le métier de professeur, de devoir transmettre du savoir et des bases, me semble être voulu de plus en plus ridiculisé. On dirait que le fait que les enfants doivent avoir un minimum de bases acquises, c'est devenu surfait. Ils vont juste à l'école, on leur apprend à lire, compter... et même si ces bases ne sont pas forcement acquises, qu'importe. Alors devoir réfléchir par soi-même, savoir ce qui s'est passé dans le temps, etre suffisamment équipé intellectuellement, il faut croire que ça ne sert à rien (et c'est pourtant quelqu'un de pas très doué à l'école qui le dit), par contre, devoir croire des idéologies néfastes, là ça passe. Peut-être que j'en fais trop et que ce n'est pas si grave que ça. Mais quand je vois entre les réseaux sociaux (j'hallucine à chaque fois que je pense que le tik tok occidental est différent de la version chinoise, là où cette version prône la connaissance, nous avec les multiples vidéos avec des concepts et contenus débiles, ça glorifie le vide...), les personnalités connues sont issues de la télé réalité, des sujets devraient être mis sur la table en débat mais on voit des débats stériles... et que dire du cas de Samuel Paty, où je me répète certes, mais au lieu de mieux protéger les professeurs, de faire en sorte que les élèves aient un esprit critique, sans aller trop loin, au nom de la peur, il ne faut pas faire de vagues, l'islam ne doit pas être critiqué sinon on est la pire lie de la Terre à haïr les musulmans (alors que bon, que les catholiques se fassent insulter, agresser et leur religion rabaissée, ça va, ça passe, on s'en fout)
En fait, c'est après avoir revu tout récemment les animés Assassination Classroom et GTO que le sujet des professeurs dans les séries ou films peut être intéressant à mettre dans un article. Et dans ces œuvres que je vais citer, le professeur peut être valorisé.
Les deux animés cités plus haut, que j'aime beaucoup partagent quelque points communs, à savoir montrer un professeur atypique, pas aimé au départ dans une classe de cancres, qui avec des méthodes non conventionnelles, arrive à trouver grâce à leur yeux et les élèves voient la vie sous un autre angle.
Assassination Classroom pousse le curseur délirant plus loin avec cette histoire, un poulpe avec de super-pouvoirs ayant détruit une bonne partie de la Lune et que d'ici un an, si la classe (que le poulpe a lui-même choisi) n'arrive pas à le tuer, il risque de détruire la Terre. Les épisodes, nommés leçons, comme pour GTO maintenant que j'y pense, sont donc aussi plus délirants, ainsi que les personnages. Le poulpe étant très intelligent, et très rapide, mais n'étant pas dénué de défauts, on s'étonne de les voir apparaître de manière comique, ce qui fait que les élèves tentent de nouvelles façons de tuer leur professeur, tout en apprenant des cours mais aussi apprenent plus sur eux-mêmes. Ce qui bien fichu est que dès le début, tout est sujet à des questions, mais l'animé se laisse suivre. Puis au fil des "leçons", on comprend de mieux en mieux le pourquoi du comment surtout vers la fin, avec de moments assez touchants notamment la fin qui pour une raison qui m'échappe ne m'était pas resté en tête des années après l'avoir vu la première fois.
(Je n'ai rien pu trouvé de mieux, la vo passe mieux que les voix anglaises et françaises du peu que j'ai entendu)
GTO, malgré son personnage principal décalé et les "leçons" qui peuvent partir loin dans le délire, traite de sujets quand même graves comme le harcèlement, ou la relation amoureuse entre un professeur et son élève, mineure dans l'ultime épisode, ainsi que les conséquences de ces sujets. Et je trouve plutôt habile de voir Onizuka (le perso principal) au début se comportant comme un gros pervers avec comme but ultime une femme étant son élève un peu plus jeune (mais majeure, contrairement à certains profs dans la vraie vie, hommes comme femmes hein), mais en fait a des principes, prêt à tout pour ses élèves. Un peu à la manière d'un Nicky Larson, derrière un clown pervers se cache quelqu'un prêt à tout pour aider. Mention spéciale à la vf excellente, notamment d'Onizuka par Benoît Du Pac! (J'ai regardé Assassination Classroom en vost fr, mais ça fait le café)
Au final on a des personnages de prime abord étrange, plutôt inspirants dans des séries plutôt drôles avec quelques passages plus sérieux.
Maintenant, niveaux ciné, je vais en citer 3, dont 2 que je viens de voir, en plus pour la première fois : mais avant, un film que j'ai vu pour la première fois il n'y a pas si longtemps : Le cercle des poètes disparus.
Oui, j'ai mis beaucoup de temps avant de le voir ce film et j'ai bien aimé (comme les deux autres d'ailleurs). On retrouve le regretté Robin Williams dans le rôle de ce professeur avec ses méthodes originales qui jurent avec l'école stricte. Ça jongle entre bons moments et moments dramatiques.
A se demander si pour que les élèves à l'école s'interessent aux cours, il ne faudrait pas sorti des sentiers battus. (En tout cas en France, il y aurait des sacrés chantiers à mettre en place si on veut des gens capables, faisant des métiers utiles pour cette société)
Maintenant, un constat pas trop en rapport au film : n'étant pas un fan de Robin Williams dans le sens où j'ai vu que trop peu de ses films, j'ai même vu que trop tardivement certains de la liste en bas... c'est moi ou il faisait très souvent le même rôle, c'est à dire un type décalé du monde (trop) sérieux, (le type faisant plus ou moins le pitre), donc ne se faisait jamais prendre au sérieux mais pas si bête qu'on pourrait croire, ayant toujours de la ressource pour arriver à ses fins, et au fil du film, les gens qui les détestaient le comprenne mieux. Je n'ai vu que peu de ses films mais entre Madame Doubtfire, Docteur Patch, Good Morning Vietnam et donc Le cercle des poètes disparus, c'est exactement le même type de rôle.
Pour être franc, je n'ai pas vu Good morning Vietnam jusqu'au bout, justement à cause de son personnage qui m'exaspère plus qu'autre chose, le pitre en roue libre en faisant des casses, qui en plus fait tout pour vouloir se taper une vietnamienne quelconque n'étant pas vraiment sensible à son charme, du peu de ce que j'ai vu... je n'ai tenu que 15-20 minutes du film.
Il y a Hook aussi que j'ai vu, j'ai du mal à rentrer dans tout ce délire du gars qui doit redevenir Peter Pan, il est au début du film le gars très sérieux avec sa famille, et pour sauver ses enfants capturés par le capitaine Crochet, le personnage principal doit redevenir le héros du pays imaginaire. Donc que l'acteur passe d'un type trop sérieux au type fou-fou, chassez le naturel, il revient au galop. Je pense voir l'idée et le message pas subtil de "ne pas trop se prendre au sérieux", mais comme ça passe d'un extrême à un autre, voilà pourquoi je n'ai pas accroché (être trop serieux à ne penser qu'à son boulot quitte à delaisser ses enfants à "oh imaginons de la bouffe qui apparait comme si j'avais 5 ans, wow, c'est super, ça existe vraiment! Puis je vole dans les airs et ça marche..." euuh, ok, si vous le dites! Ça fonctionne chez plein de gens apparemment, mais le principe de jouer avec des enfants avec des trucs imaginaires, c'est une chose, mais en tout cas ici, je n'ai pas eu la magie dans les yeux avec ce film)
Enfin, non je n'ai pas vu Flubber ou Jumanji par exemple (juste la version avec The Rock et Jack Black, le premier de cet univers là).
Mais je viens de voir Will Hunting, le deuxième film de cette liste de prof, où donc Robin Williams donne la réplique à Matt Damon. Punaise ce film date de 1997 (aura 30 ans l'an prochain, ce coup de vieux).
Le jeune Damon de l'époque incarnait un jeune surdoué, Will Hunting, trainant avec ses potes de Boston sud, mais étant turbulent, travaillant comme technicien de surface dans une grande université. Celui-ci se fait remarquer quand il résolve des équations poussées, mais aussi suite a une aggression risque la prison, donc lorsqu'un professeur sachant cela, Gérald joué par Stellan Skarsgard, il le prend sous aile, voyant un génie de la trempe d'un Einstein en travaillant avec, mais aussi Will devra suivre des séances avec un spécialiste. Gérald après plusieurs tentatives loupés se tourne vers un de ses amis d'école, Sean, joué donc par Williams. Et pourtant malgré le premier entretien qui se passe mal avec Will, Sean veut le revoir et... puis je ne vais pas tout raconter non plus.
Alors je pourrais dire que ce rôle de Sean peut être dans cette case du perso qui use de méthode différente pour arriver à ses fins, mais ce n'est pas un fou-fou avec des blagues à la seconde, c'est un professeur miné par une perte. (Il pose 2-3 blagues mais c'est plus subtil)
Ce film est très touchant, Damon a pondu un scenario intéressant (avec l'aide de Ben Affleck, qui a un rôle aussi dans le film... les deux compères ont eu l'Oscar du scénario maintenant que j'y pense, et bien c'est mérité, même si je ne sais pas les concurrents qu'il y avait en face 😆 Et dire qu'ils ont plus de 30 ans de carrière du coup, le temps passe vite...),
que ce soit lié à Will ou Sean, deux âmes qui se cherchent et qui s'entre aident pour aller au delà de leur quotidien et leurs peurs, il y a des moments vraiment bons, limite à deux doigts de verser une larme.
Petit spoil sur la fin et la manière dont Robin Williams a apporté sa touche avec une réplique qu'il a improvisé (je me demande si ce n'est pas mon film préféré avec cet acteur...)
Enfin, j'ai vu juste après Will Hunting, un film français tout aussi "âgé" car datant de 1996, "Le plus beau métier du monde" avec Gérard Depardieu et Michelle Laroque. C'est l'histoire de Laurent Monier, professeur qui suite au divorce de sa femme, veut se rapprocher de ses enfants en s'installant dans la région parisienne... dans le 93 dans un quartier chaud et ayant la pire classe d'un collège.
Entre menaces des racailles de la cité, de certains élèves, qui mènent la vie dure dans l'école, le personnage principal prend cher. Mais chose intéressante, il n'est totalement un saint non plus. On découvre dès le début qu'il trompe sa femme, puis il tente quand même de la reconquérir mais il s'attache aussi d'une collègue de son collège. Ce qui donne des scènes qui m'ont plu, fait rire. Mais avec ses élèves il fait du mieux qu'il peut et découvre qu'il y a de bons éléments, dont la meilleure de la classe qui doit étudier et s'occuper de ses nombreux frères et sœurs. Et quand on nous casse les oreilles avec la diversité, ben on nous montre des personnages globalement loin des clichés, même s'il y en a quelques uns, mais ce n'est pas dérangeant.
En le voyant aujourd'hui, cela pourrait être de l'ordre du documentaire tant il se passe des choses affreuses pour les professeurs. Puis entre les choses dites qui ne passeraient pas, le fait que Depardieu soit mal vu, ce film ne peut pas passer de nos jours. Et pourtant, il devrait. On voit déjà que le voile islamique s'impose, que certains foutent le bordel et jouent les victimes pour s'en tirer. Alors des gens vont crier au racisme parce que ce sont les gens de la meme communauté qui sont dans les mauvais rôles. Sauf qu'à un moment donné, il faut voir les choses en face. Encore une fois, certains veulent imposer leur loi, au détriment de tout le monde dont d'autres de leur même communauté. Donc si certains restent bloqués avec leur vision d'une France soit disante raciste, vous faites partis du problème!
(Quitte à me repeter encore mais...) Entre la jeune Samara envoyée dans le coma parce qu'elle osait s'habiller à l'occidentale, ou cet étron que cette raclure de streamer montre comme un super pote à inviter pour raconter sa vie, par exemple (photo... je ne comprends toujours pas que la raclure ait encore une carrière, ce qu'il a fait est impardonnable, surtout à cette époque où n'importe qui peut se faire trainer dans la bout pour des choses antérieures, ça pour moi, c'est bien grave, s'il est capable de faire une émission pareille, c'est à se demander à quoi il pense vraiment... aucun respect pour la vraie victime de cette fausse accusation, il a quand meme mis en avant et sympathisé de fou, avec de rires authentiques, un gamin suffisamment tordu et manipulateur pour se faire passer pour une de ses camarades pour la foutre sous le bus à son l'accuser d'une chose grave, à travers une lettre islamophobe parce qu'elle connaissiat une victime de l'attentat au Bataclan... tout ça pour avoir le brevet! Horrible!! Pourquoi ca ne fait pas plus de bruit, j'en suis encore choqué, c'est absolument dingue!!!)
Il faut croire que les aggressions, envers les professeurs, existent depuis trop longtemps mais que ça s'aggrave. Et pour cette vidéo, cette fois je suis d'accord avec le lapin du futur
Maintenant comme je disais, on a des personnages dans le film qui font qu'on n'a pas juste une vision, il y a de tout. Il y a des situations auxquelles je ne m'y attendais pas, notamment des passages sérieux bien cool, humains et niveau humour avec un running-gag qui m'a bien fait rire. Ce qui fait que j'ai bien aimé ce film.
En tout cas, bon courage aux professeurs, pourvu qu'il y en aura d'autres, que ce métier soit remis en valeur, bien respecté et que les cours ne soient pas du lavage de cerveau, qu'ils servent à ce que les élèves apprennent des choses utiles et qu'ils puissent construire leur esprit critique.

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